Méditation et croissance cérébrale

Une nouvelle étude affirme que « la méditation pourrait vous rendre plus intelligent car elle augmente la taille de votre cerveau », rapporte The Daily Telegraph. Il a déclaré que la recherche a révélé que les scanners du cerveau révélaient des quantités «significativement plus grandes» de matière grise chez les méditants à long terme.

Cette petite étude a comparé l’anatomie cérébrale de 22 personnes qui méditaient avec 22 personnes qui n’en avaient pas (témoins). Bien qu’il ait trouvé quelques petites différences dans certaines parties du cerveau, il y avait aussi beaucoup de résultats non significatifs. La taille globale du cerveau n’était pas plus grande chez les méditants.

Fait important, les chercheurs eux-mêmes reconnaissent que pour établir si la méditation provoque réellement des changements dans l’anatomie du cerveau, il serait nécessaire de regarder le cerveau des méditants et des non-méditants sur une période de temps.

D’où vient l’histoire?

L’étude a été réalisée par le Dr Eileen Luders et ses collègues de l’Université de Californie, Los Angeles (UCLA) School of Medicine et l’Université de Jena coagulation. La recherche a été financée par des subventions du National Institutes of Health (NIH). L’étude a été publiée dans la revue médicale NeuroImage.

Quel genre d’étude scientifique était-ce?

Cette étude d’imagerie cérébrale a examiné si les personnes qui méditent ont une anatomie cérébrale différente de celles qui n’en ont pas.

Au total, 44 personnes ont été recrutées pour l’étude. Les chercheurs ont recruté 25 praticiens actifs de la méditation à travers des références et des publicités dans des lieux de méditation. Trois pratiquants ont été exclus pour avoir des anomalies cérébrales, laissant 22 dans le groupe de méditation. Ce groupe a ensuite été apparié pour l’âge et le sexe avec 22 adultes provenant d’une base de données d’adultes normaux appelée International Consortium for Brain Mapping (ICBM).

Tous les participants étaient exempts de troubles neurologiques. Ceux qui méditaient le faisaient depuis cinq ou quarante-six ans et pratiquaient une variété de styles, y compris Zazen, Samatha et Vipassana. Ces styles ont de nombreuses pratiques en commun, telles que le contrôle de la respiration, la visualisation et l’attention aux stimuli et événements externes et internes. Le temps de méditation variait de 10 à 90 minutes par séance, la plupart des méditants ayant des séances quotidiennes.

Les chercheurs ont utilisé l’imagerie cérébrale par imagerie par résonance magnétique (IRM) pour déterminer s’il y avait des différences dans le volume global du cerveau, le volume de matière grise et le volume des différentes régions du cerveau. Ils ont utilisé une technique appelée analyse voxel-sage, une approche appliquée à l’analyse des images du cerveau qui permet une estimation du volume des différentes structures cérébrales.

Les chercheurs donnent des détails sur leur approche de l’imagerie cérébrale et de la cartographie. Dans certaines de leurs analyses, ils prennent en compte le fait qu’ils ont fait des comparaisons multiples entre les groupes (ce qui augmente le risque de trouver un résultat positif par hasard) et prennent également en compte les effets potentiellement confondants de l’âge.

Quels ont été les résultats de l’étude?

Les IRM ont montré un groupe de substance grise particulièrement important qui se produisait plus fréquemment chez les méditants que dans le groupe témoin. Les chercheurs décrivent cette grappe comme étant située «à la frontière entre le gyrus frontal inférieur et intermédiaire et à une distance approximative des zones de Brodmann (BA) 11, 12 et 47».

Il n’y avait pas de différence entre les groupes en termes de volume cérébral total ou de volume total de matière grise ou dans les volumes des zones cérébrales particulières que les chercheurs ont évaluées (y compris le gyrus temporal inférieur gauche).

Quelles interprétations les chercheurs ont-ils tirées de ces résultats?

Les chercheurs concluent que des volumes plus importants de matière grise dans des régions particulières du cerveau des méditants peuvent expliquer les capacités et habitudes singulières des méditants à cultiver des émotions positives, à maintenir leur stabilité émotionnelle et à adopter un comportement conscient. Ils disent que de futures «analyses longitudinales» (études qui suivent les gens prospectivement plutôt que de les examiner rétrospectivement) sont nécessaires pour établir si le lien entre la méditation et l’anatomie du cerveau est un lien de causalité.

Que fait le NHS Knowledge Service de cette étude?

À l’heure actuelle, cette petite étude transversale ne peut prouver que la méditation change ou «fait croître le cerveau» comme le suggère le Daily Telegraph. Pour le prouver ou le réfuter, il serait nécessaire de réaliser des études longitudinales comparant les cerveaux des méditants et des non-méditants sur une période donnée.

Les chercheurs eux-mêmes concluent qu’il n’y avait aucune différence entre les groupes en termes de «mesures cérébrales globales», et que tout effet que la méditation pourrait avoir sur l’anatomie du cerveau serait «à une échelle relativement petite». Cela signifie également que toute implication que les méditants ont un cerveau plus global est incorrecte.

D’autres recherches devraient établir si l’association entre la méditation et l’anatomie du cerveau est causale. Jusque-là, il n’est pas possible d’attribuer les petites différences anatomiques du cerveau dans cette étude à la méditation.